Culture

La conduite de la vigne

« La culture de la vigne est primordiale pour obtenir un vin de qualité et doit se faire en harmonie avec l’homme et le terroir(…) Le pinot est un cépage dur à travailler, c’est sans doute le plus ingrat…et parfois un des plus fantastiques… »

Soucieuse de pratiquer une viticulture la plus respectueuse de l’homme, de la plante et du terroir, Anne Gros s’intéresse depuis longtemps à la biodynamie et à la culture « bio » de la vigne sans toutefois y trouver un plein épanouissement. La préservation de la bio-diversité, le problème du tassement des sols, la consommation énergétique, la recherche constante pour limiter les intrants sont des pistes de travail constantes et ne correspondent à aucun label satisfaisant. Elle aime à parler de viticulture raisonnable, celle qui correspond à un travail de vigneron.

Le travail à la vigne passe notamment par des traitements réfléchis et raisonnés en fonction des conditions climatiques et du travail mécaniques des sols. L’enherbement est aussi pratiqué quand nécessaire.

« J’essaie de comprendre ce que chaque parcelle peut donner en qualité et adapter un mode de conduite de manière à limiter la promiscuité des grappes et pour maintenir une végétation aérée.C’est une des mesures pour éviter le terrain favorable au développement du botrytis. »

Le printemps

Période où la végétation ne demande qu’à exploser. On ressent toutes les tensions. On profite de la montée de sève pour terminer la taille. C’est le dernier coup de sécateur pour sculpter le cep pour l’année (Taille Guyot). Les contaminations par spores (eutypiose) sont alors refoulées par ce barrage naturel. Le 1er griffage du sol refoule le tapis végétal au rang d’engrais azoté. Le rythme de passage est d’environ toutes les trois semaines, suivant la pluviométrie.

L’état du palissage doit alors être soigneusement vérifié et réparé avant d’attacher les baguettes. L’attachage dure environ 3 semaines. Les baguettes sont couchées sur le fil de taille de façon à marquer l’arcure et limiter l’enchevêtrement de la végétation future. Au mois de mai, après l’angoisse des gelées printanières, il nous incombe d’épamprer sévèrement les jeunes pousses indésirables. On appelle cette opération de taille en vert, l’épamprage ou l’évasivage ou bien encore l’echtinnage… Aération, potentiel de charge, taille future sont les paramètres qui guident chaque geste. C’est le temps des 1ères contaminations de mildiou et son cortège de traitements rythmés en fonction des températures et de la pluviométrie.

La croissance de la vigne va parfois si vite en juin que l’on ne cesse de courir d’une parcelle à l’autre pour palisser, craignant la casse des rameaux par le vent, la pluie, la grêle… ou même leur propre poids. La protection contre l’oïdium commence à la 7ème feuille. Le 1er rognage a lieu vers la floraison et se renouvelle environ tous les 15 jours.

L’été

Le relevage se termine à la mi-juillet, les griffages continuent. On retouche une dernière fois l’évasivage, puis on s’attache à réguler la récolte en fonction du « style » de raisin donné par l’année : c’est la vendange verte. Il nous faut environ trois semaines pour « finir » les vignes.

Toutes ces opérations s’accompagnent bien sûr de la surveillance sanitaire de toutes nos parcelles (mildiou, oïdium, pourriture, vers, araignées, eutypiose, esca, pyrales,…)

Le dernier traitement fongicide a lieu vers le 15 août ainsi que le dernier travail du sol.

Début septembre, on effectue le dernier rognage. Puis, on enlève les crochets de palissage pour faciliter les vendanges tout en finissant d’éclaircir le feuillage et les raisins.

Les vendanges sonnent le glas de l’été.

 

L’automne

Les vendanges ont lieu généralement entre le 15/09 et les 1ers jours d’octobre. Les prélèvements de maturité, l’état sanitaire des raisins et les spéculations sur la météo déterminent la date des vendanges. Des travailleurs occasionnels sont recrutés pendant environ une semaine.

Les raisins sont triés à la coupe et sont sortis de la parcelle à la hotte. Des petits bacs de 500 kg sont régulièrement acheminés à la cuverie pour un deuxième tri sur table de tri vibrante afin de ne garder que le meilleur fruit.

Le cycle végétatif se termine, la sève redescend, les feuilles se colorent rapidement (or et pourpre) puis tombent à la 1ère gelée. Le prétaillage mécanique peut commencer dès que le sol a une bonne portance. A la mi-novembre, on commence la taille d’hiver en éliminant le vieux bois.

L’hiver

La plante est en dormance.

Taille et brûlage des sarments sont les travaux habituels.

Le gel exerce son action mécanique et sanitaire.

Seules la neige et les grandes gelées empêchent le travail dans les vignes.